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Agriculture et économie


Le canton de Sainte-Mère-Eglise est une région à vocation agricole. Nos vertes prairies sont plutôt récentes puisque notre pays était essentiellement céréalier (blé, sarrasin) jusqu'en 1850 (40% de la surface totale contre 30% pour l'herbe. Les nombreux moulins, ou leurs ruines, encore présents attestent de cette particularité. C'est à Liesville-sur-Douve que se trouvent les restes du moulin à vent le plus ancien du monde occidental. Il se situe à quelques centaines de mètres de l'église.

La tendance s'inversa vers 1850 du fait d'une forte demande venue des villes en voie d'urbanisation et du développement des moyens de transport, chemin de fer et automobile. Produire la viande et le lait devint plus avantageux pour les agriculteurs. Joachim Lepelletier, de Sainte-Mère-Eglise, fonda le premier commerce en gros du beurre dans notre chef-lieu avant de s'implanter en 1865 à Carentan. Son arrière petite-fille, l'écrivain Jacqueline Monsigny, l'a immortalisé dans son livre " Le Maître de Hautefort ", l'un des best-seller des dernières années.


La laiterie industrielle


La laiterie industrielle de Chef-du-Pont fut créée en 1907 par monsieur Loudun. Jusqu'à la seconde guerre, sa production est des plus variée : laits purs ou pasteurisés, crèmes et poudres de lait, fromages " Diploma ", camemberts et " Pont-L'évêque ". Dans les années 1950, elle passe sous le contrôle de la société Claudel qui s'oriente vers deux produits spécifiques : la poudre de lait et les desserts " Mont-Blanc ". Précisons que le site de Chef-du-Pont a été préféré à celui de Sainte-Mère à cause de la présence toute proche de la ligne Paris-Cherbourg qui favorisait l'acheminement de la production sur les marchés parisiens.


laiterie industrielle (suite)

La laiterie industrielle a été rachetée en 1985 par le groupe Nestlé.
La laiterie coopérative de Sainte-Mère-Eglise et du Cotentin ouvre le 15 juin 1910, à Chef-du-Pont pour les mêmes raisons évoquées ci-dessus. Le président fondateur, monsieur Lecouflet, avait réussi avec 50 adhérents à réunir un capital social de 60 000 francs répartis en 1200 parts de 50 francs chacune. En ce jour d'ouverture, 20 carrioles amènent 11 000 litres de lait en provenance de 90 exploitations.

La production va s'accroître ( 6 millions de litres de lait pour 200 adhérents en 1911-34 millions de litres pour 533 adhérents en 1982 ) et se spécialiser outre la crème, le lait et le beurre, dans le fromage ( Saint-Paulin 1923-Livarot 1930-Edam 1938- Camembert 1953 ).

Le tournant de son activité se situe en 1979 quand elle rejoint la laiterie coopérative d' Isigny pour prendre la dénomination I.S.I ( union Isigny-Sainte-Mère ). Qui ne connaît pas sa spécialité " le petit Sainte-Mère " ?

Les fours à chaux de Beuzeville-la-Bastille et de Liesville


Ces deux villages étaient de gros producteurs de chaux extraite de la pierre calcaire. La pierre bleue provenait d'une carrière située à proximité des fours. Elle était amenée au foyer par des wagonnets. On allumait un grand feu et on murait l'entrée du conduit avant de déverser les pierres dans les 17 mètres de la cheminée en alternant avec du bois. A la base de la cheminée, une grille arrêtait les pierres et leur cuisson était activée par des trappes d'aération situées à la base de l'installation.

La décomposition terminée, on récupérait la chaux entassée au-dessus des grilles ainsi que les morceaux de pierre ayant passé au travers de celles-ci, qui étaient alors concassées dans des broyeurs pour être réduits en poudre. La chaux ainsi obtenue servait ensuite pour l'amendement des sols, l'antiparasitage, des troncs de pommiers, la fabrication de la peinture blanche et comme produit de base pour les bouchers afin de confectionner la préparation servant à nettoyer les panses de vache.

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