 |
continuation maritime du col du Cotentin entre les plateaux du Plain et du Bessin, elle forme un golf profond de 37 km² où s'affrontent et se mêlent les eaux douces, issues d'un bassin de 3500 km², et les eaux salées, mélange qui en fait toute sa richesse biologique. Aussi est-elle une zone de sédimentation comme l'indique son nom, forme équivalente de gué, qui rappelle la possibilité de la traverser à cheval entre le Grand-Vey et Saint-Clément avant la canalisation des principaux chenaux. Dans les anciens titres de la paroisse, cette baie entre le Cotentin et le Bessin est toujours appelée le Grand Vey. Avant la construction du pont du Petit Vey, c'était un passage très fréquenté qui reliait la Haute et la Basse Normandie. Plusieurs voies romaines, ou grandes voies, en patois " vaies " (de là, le nom de Grand Vey), aboutissait à cet endroit.
Les herbus progressent sans cesse sur les vasières. De 1856 à 1972, plus de 2000 hectares de polders ont été incorporés au domaine agricole derrière les digues qui limitent l'horizon de ce plat pays d'herbages parsemé de rares fermes. Sur la face occidentale, le courant littoral engraisse de sable le banc de la Madeleine qui s'épaissit et exhausse l'estran devant Sainte-Marie-Du-Mont. C'est sur ces vasières qu'a été identifiée en 1906 la Spartine de Townsend avant qu'elle envahisse les rivages du continent.
Les coquillages, coques et palourdes, huîtres et moules y sont assez nombreux pour faire vivre une centaine de pêcheurs à pied professionnels. Les poissons y trouvent une aire de multiplication.
|