Les herbus progressent sans cesse sur les vasières. De 1856 à 1972, plus de 2000 hectares de polders ont été incorporés au domaine agricole derrière les digues qui limitent l'horizon de ce plat pays d'herbages parsemé de rares fermes. Sur la face occidentale, le courant littoral engraisse de sable le banc de la Madeleine qui s'épaissit et exhausse l'estran devant Sainte-Marie-Du-Mont. C'est sur ces vasières qu'a été identifiée en 1906 la Spartine de Townsend avant qu'elle envahisse les rivages du continent.
Les coquillages, coques et palourdes, huîtres et moules y sont assez nombreux pour faire vivre une centaine de pêcheurs à pied professionnels. Les poissons y trouvent une aire de multiplication.
Depuis 1991, le phoque veau-marin vient s'y reproduire. Mais la variété de ces biotopes explique surtout son importance ornithologique internationale. Plus de 20 000 oiseaux la fréquentent pour une escale comme la bernache cravant ou en domaine d'hivernage pour le pluvier argenté, l'huîtrier-pie, le grand gravelot, le courlis cendré, la barge rousse, le chevalier gambette.
La réserve ornithologique de Beauguillot leur offre un abri protégé. Cent cinquante hectares terrestres, des prairies poldérisées, d'anciens " schorres " gagnés sur la mer, et 350 hectares sur le domaine public maritime. La vocation de Beauguillot est d'accueillir les oiseaux d'eau en escale et en hivernage et d'assurer le suivi des mammifères marins en vue du maintien, voire du développement des populations. En hiver quand les niveaux d'eau sont très hauts, la réserve accueille entre 30 et 40 000 oiseaux, entre les parties terrestres et maritimes. Renseignements : 02 33 71 56 99.